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LUONG Phaenomene △ Cut the cord

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WHEREVER YOU ARE

ICI DEPUIS LE : 28/10/2014 MESSAGES : 45 ≈ ÂGE : 23
≈ DANS LA VIE : Etudiante Beaux-Arts | Model voire employée libraire
≈ QUARTIER : L'Horloge égrène les heures - tictactictac.
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posté Mer 29 Oct - 12:07

LUONG Phaenomene Y.
CARTE D'IDENTITÉ

DATE  DE NAISSANCE : 25 avril 1994.
ÂGE : 20.
LIEU DE NAISSANCE : Newcastle.
NATIONALITÉ : Anglaise, naturalisée Française [double].
ORIENTATION SEXUELLE : Pansexuelle.
STATUT CIVIL : Divorcée.
ÉTUDES/MÉTIER : Etudiante aux Beaux Arts. | Model ou employée de librairie à ses heures perdues.
GROUPE : Sleeping beauty.

J'suis comme ça


« - Allô Phae ?
-Mh. Wazzamattah.
-J’ai un problème…
-Meutre, accident ou suicide ? »


Rire jaune ou rire noir.

Hystérique ou schizophrène. Cynique ou aigrie. Désabusée ou je-m’en-foutiste. Persona ou Devenu.

Elle se moque. Elle déclame à tous vents ses convictions. Elle se met en scène. Elle attire l’attention avec des idées qui claquent, qui réveillent, qui insurgent, qui révoltent, qui choquent. Elle se crée un espace sous les projecteurs en ignorant ceux-ci. Elle est un nouveau Courbet, sortie de nulle part, en constante représentation alors que son seul théâtre est celui de sa bulle, de son monde, des cloisons invisibles qui l’enferment et lui renvoie son propre reflet, son propre combat, sa lutte en atelier, son atelier intérieur ou physique, c’est la même chose. Autoportrait au chevalet pour la définir. Dessin préparatoire sur toile bistre. Tordue, défectueusement parfaite dans une rusticité de citadine snobinarde. Un goût d’authenticité, peut-être ? Il faut un minimum d’estime de soi, au moins apparent, pour qu’on ne vous marche pas dessus. Mordez avant d’être mordu. C’est la règle. Ca bat, dans ses vaisseaux, ses capillaires, ses artères, une orange sanguine non-orangée, vibrante, bouillonnante. Parfois, on ouvre les vannes, aussi. Sans faire exprès. Ca explose, plus de barrage, la tempête danse et frappe. Aveugle, dans ce fameux laisser-aller, trop de lumière grise votre bouche, votre témérité, votre réflexion réflexive. L’action brûle, comme on active un briquet. On pleure les mo(r)ts avec les lèvres cousues dans le fond d’un placard humain. T’attendais quoi, hé, lui faire relâcher la pression ? Elle n’est pas née avec, sûr, mais presque. C’est tout comme, tout idem, tout ter, tout… Tout. Le temps. Tout le temps. Ca ressemble à un manteau qu’on enfile par quasi-automatisme à force d’habitude. Passe les manches dès le matin, la tête dans le trou pour le reste de la journée, serre ton corset, fais les lacets, humpf. You can be free to anyone else but yourself. Circulairement, grossièrement. Et encore, meme ça, c’est compliqué, pas vrai?  Ca arrive, pourtant, ça arrive qu’elle baisse le store, rapidement, ou dans une fatigue lascive. Rincez-vous l’œil, moi je ferme la caisse. Détaxe, pas de taxe. On n’est pas prédéfini cool, chiant, insolent, ouvert, fermé, à clef. La matière brute, c’est le moule de base, le sien, le tien, le mien, le sien… aussi. Ca existe encore, sûrement, derrière la scène, une scène à fenêtres, des fenêtres brun-chocolat 70% cacao. En tout cas, c’est ce que les gens croient.

C’est une fille joyeuse, vous savez. C’est une plume instable, en équilibre sur un muret, qui évite de regarder ailleurs que là où elle met les pieds. Pour ne pas voir en arrière ni trop-trop devant ; et pour ne pas louper son coup, enfin, son pas, non plus. Elle s’efforce de coller à l’étiquette actuelle du mot  « Epicurisme », cet abus de langage. Globalement potable, globalement sur le balcon, il fait trop noir dans la laverie, entendez-vous. Mais les monstres des cauchemars, ça descend dans l’estomac, tant pis, coltinez-vous à la place la loufoquerie. Tenir le show, même crevée, exténuée ; succomber à un verre de Bourbon, en cachette, pas d’addiction, pas d’addiction. Pas d’addiction. Tiens, file-moi une cigarette. Pas d’addiction. Vide, déverse-toi dedans. Et autrement. Pas d’addiction.

Phae jure – à moins que ça ne soit 'phi' ? Bref, elle jure. Quand ça lui fait plaisir. Ca lui fait souvent plaisir. Ca veut dire « LOL », « IDGAF », ou « WTF ». Tout ça et même plus. GPOY. Oui, du genre une maxime universalisable. Jurer, c’est bon pour la santé, à ce qu’on dit. Jurer c’est ne pas trop mentir, rien que ça, sisi. La vulgarité comme une petite faiblesse, toute petite, si vous voulez bien.  Elle jure pour s’engager. Un minimum de droiture quand on y voit flou, ça ne tue personne. Donc oui, elle ne fait que des promesses qu’elle pourra réaliser. Parfois elle le dit, parfois elle se tait. Hier. Théière. La faïence ne laisse rien paraître mais l’eau s’active quand même et libère les arômes. Idem. Bis. Pas besoin de lui demander son avis, ça la prend, comme ça, glisser une tasse à chacun parce que ça la satisfait, de glisser cette tasse devant vous, toi, moi. Une façon d’être foncière. Innocence, non. Insensible non plus. Mais si on ne gagne pas la confiance des autres, on ne monte pas, n’avance pas, on fait du surplace – comme sur les tapis de sport – ou alors on se casse les reins et chutant. L’échelle, c’est les autres. Au moins 20%. C’est ardu, pas le choix. Mais il arrive que ça fasse du bien. Ca restera sous clef, hein. N’empêche que c’est là, et ça chauffe, une douce bouillotte. On ne dira pas non, oh non.

Alors la complaisance peut être là, bien qu’il y a des fois où ça rate le rendez-vous. Parce que si intérieurement ça carbure, le poteau se voit moins, le temps de faire rugir la chaufferie, toussa toussa, on fait comme on peut, et le poteau on peut trop tard.

Des non-dits pour réussir à faire comme s’il n’y en avait pas. Au final, plutôt qu’un métal froid, elle est surtout l’écorchée-vive.







Même si on m'voit comme ci


« - Mademoiselle, excusez-moi, seriez-vous intéressée par du mannequinat… ?
-Back off, sweetheart. »


Chinese noodles don’t talk.

1m70; pas de poitrine; un feu d’artifices.

Entre les talons et un besoin de nutrition tout à fait relatif, difficile de déterminer si l’outil sculpteur réside dans la taille ou le poids. Grande, peut-être, oui, non ; oui et non ; oui ou non ; oui mais non ; ou plutôt non mais bien oui. C’est ça, le deal un-pied-jaune-un-pied-blanc. Pour certains, c’est l’idéal d’une cover-girl – tandis que pour d’autres, c’est une moyenne ayant pour mérite la notion honorable. Dans ses veines courent l’ADN made in Asia et les gènes du bel Alaska. On appelle ça un, une, enfant-banane, messieurs-dames. Et non, ce n’est aucunement péjoratif, si ça devait empiéter sur la notion de racisme, on déclarerait fort vite un attentat nucléaire si ce n’est terroriste. Quoique. Qui a dit qu’elle n’est était pas une, de kamikaze ? Phaenomene peut tromper, Phaenomene l’exubérante, Phaenomene celle qui a tout de l’illustre anonyme. Ah, Phae. Phaenomene, Phaenomene.

Au milieu de la masse noire de visages blancs, les amandes se distinguent et fondent facilement dans un moule d’une standardise à toute épreuve, que dit-on. Elle a la gueule d’un bol-de-riz, voilà, cash. Yeux aux larges pupilles noires, nez mutin ayant un étrange lien de parenté (on parie ? Désolée, gens, pas assez pour la mise.)  avec un morceau de pâte d’abricot confit doublement percé. Distraitement, ou pas du tout, de stress ou de concentration, de charme ou d’agacement, elle s’humecte les lèvres, encore une fois. Ca suffit, ça commence à bien faire, ô tête de panda roux. Du fond de son regard, elle répond de manière animale ou quasi. Elle répond avec la bestialité de l’être humain. Elle répond, point, à la ligne. Si t’aimes pas comment elle traverse les lignées pour t’observer à ton insu, outta mah way. Quel intérêt, sinon. Ne fixe pas sa bouche, écrase tes oreilles de tes mains. Rose ou rouge, quelle différence ; toutes, toutes les différences, pour un seul mouvement. C’est un masque de composition d’elle fabrique. Parfois ardente et scandaleuse, parfois attendrissante et enfantine, tandis que le public reste de l’autre côté de la barrière, gloss, fard, eyeliner, mascara – beaucoup de mascara se dressent pour la protéger, pour mieux se jeter. Pour mieux toiser. Jolie alors ? Qu’en sais-je, à moins que ça ne soit de la préfabrication.
Phae, c’est la fermeté et la fougue de la jeunesse. C’est une peau tartinée de crème et de soins. C’est un nu qui s’amuse sur n’importe quel type de toile, et n’importe quel type tout court. Phae, ce sont des doigts baladeurs sans pudeur, comme des brindilles ou comme le manche du pinceau qui s’agitent. Quand elle tend la main, elle peut presque voir à travers. Cette main opaque et pâle, elle la connaît par cœur. Elle n’est pas parfaite – la perfection n’existe pas, à quoi bon, autrement, lui courir après telle une chasse effrénée après le lièvre – mais elle est. Elle est un amalgame de détails, la taillant à la serpe, maigre et forte, avec cette bosse de l’écrivain sur le majeur, qui traîne depuis des lustres à présent. Sous la manucure soignée, des éclats de peinture, du graphite effrité, des morceaux d’extase. Une main. Pas celle de Dieu, mais être démiurge est largement assez.

La normalité, ça lui arrive. De temps en temps. Lorsqu’elle n’a pas besoin de s’afficher. Elle met une écharpe comme tout le monde. Elle porte un pyjama comme tout le monde. Elle a froid comme tout le monde. Chaud aussi. Cessez un peu de lui tisser une armure futuriste, si ça faisait son homme… Je t’en ficherais une, de garde-robe, le repas est servi. Tant que votre porte-monnaie en fait son affaire, en quoi serait-ce gênant ? Il faut juste que ce soit… marquant. Remarquable. James Bond girl. Au fond du placard, un uniforme catholique inutile moisit, en compagnie des baggies grossiers. Moisissure seulement, qui peut leur prédire un avenir définitif ? Les vêtements sont autant de costumes que les tartines de poudre à s’étaler sur la figure. Il y a la grande, la véritable, l’armurerie altière qui s’appelle 'phi' , aux teintures diverses et folles, qui rentabilise rondement ses coiffeurs, prostitue son corps de temps en temps à quelques clichés avides de photographes de mode (et pourquoi pas, les photographes tout court) ; il y a aussi la farfelue et enfantine Phae, qui se noie dans des écharpes – celles  qui explosent dans sa penderie, les pulls, les moufles et les yeux doux. Et puis il y a Phaenomene. Un mélange de tout ça, les cheveux en bataille, les ongles pleins de fusain, de mie de pain et des doigts qui craquent. On appelle « phénomène » les choses qui apparaissent à la conscience. Celle-là, vous ne risquerez pas de la rater.






On a tous un passé

« You can be ganging on me if you want, but I’ll still be wild and young. » X VERSION COURTE

"Je vous parle d'un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître..."

O u quelques mois. Ou quelques jours. Quelques heures aussi, parfois. Ca dépend. De son humeur.
De ce qu'elle fait. Des garçons qui s'enchaînent, des soirées passées avec eux, avec elles, avec tout le monde. Des bribes qu'elle accepte de lâcher, comme on raconte une histoire, une anecdote, là ou sur la terrasse d'un café. De si elle s'en rend malade malade malade - ou non. Elle rit fort, parle beaucoup. Essaie de croire que déverser le container empêchera celui-ci de déborder. Ce n'est pas tout à fait faux, même si c'est surtout un prétexte. Une conviction plissée d'excuses. Elle est bizarre, étrange, on dirait un animal alien - ils acquiescent. Elle tient sa bière entre ses deux mains et elle boit, les yeux grands ouverts. Dans une alerte cotonneuse. Volontairement annihilante et trop éveillée.

Phaenomene vit la nuit. Et au matin, elle laisse son nœud de veines, de muscles, de tendons, de chair gorgée de sang pulser pour elle, sous elle, en elle. Elle inspire, expire, recommence. Dans la cour de l'école, on la voit qui arrive en retard et sans hâte; empressée mais détendue; un peu déboussolée et malgré ça déterminée. Le pas ferme, le port altier, le mouvement leste. En dépit de quelques dépits. Pour se moquer, ses professeurs disent qu'il n'y a que les génies qui se permettent de tels écarts, une telle attitude. Salue d'un rictus, retourne dans l'amphi. Après tout. Pourquoi pas. Pourquoi ça. L'irritation est mauvaise, elle vous brouille les sens de manière abstraite, ridicule. On se perd. Elle ne s'y appesantit pas trop. Par précaution, sans doute. L'abstention est sa porte de sortie salvatrice. Elle s'en persuade et en persuade les autres.

Dans son appartement, elle a laissé, une fois encore, les fenêtres grandes ouvertes; sans se soucier du vent qui claque le carreau ou les voleurs-acrobates qui s'aventureraient sous le coup de la curiosité. Depuis la rue, le quatrième étage s'affiche, le linge danse - par terre, sur le balcon, sur cette armoire timide qui se laisse entr'apercevoir dans la pénombre de la chambre. L'odeur du dernier mec qu'elle a ramené hier soir colle encore aux draps emmêlés. Elle survit comme ça, depuis qu'elle est arrivée à Paris pour ses études supérieures, il y a trois ans. Pour échapper à l'ambiance toxique qui régnait autour d'elle un peu également. De ces relations qu'elle n'avait pas choisi et qu'elle désirait oublier, effacer, pour recommencer un nouveau dessin, à coups de repentis plus ardus et violents.

Et parce qu'elle craint à la fois de tout perdre, éparses sur une commode, elle a entassé pêle-mêle son amas de souvenirs, de reliques du passé, de ce qu'elle s'efforce de quitter sans regrets. D'abandonner sans plus de préoccupation. Mais si on peut se cacher de tous, on ne peut pas forcément se soustraire de tout.

Alors les cassettes et leurs bandes brunes traînent. Trônent. Rebelles ou penaudes. Attendant qu'à un souper-régime dernier, Phae se défasse de son masque détaché et insouciant pour céder - les mains pâles et les lèvres froides, les épaules tremblantes et les paupières battantes, pour glisser une des tablettes dans le vieux magnétophone échoué près du transistor, au pied du dressing désordonné. Pour écouter ces bribes de messages à elle-même. Ces bribes sauvegardées de conversations au téléphone avec sa mère. Avec son père. Ou de détourner les yeux de l'écran de l'antique poste de télévision qui ne sert plus qu'à ces VHS enregistrées, ces films de vacances, ces vidéos témoignages d'un construction mi-chaotique mi-commune. Elle ne sait pas très bien. Au fond d'un tiroir , elle a enfermé un monceau de lettres, ficelées d'un cordon de lin qu'elle dénoue fébrilement. Pour lire. Relire. S'endormir sans dormir. Fixer le cellier. A ne plus pouvoir. A ne plus rien voir. Jusqu'à ce qu'elle apprenne. Jusqu'à ce que l'abrutissement des sens la prenne.


Dans le silence morne, un audio tourne. Grésille.

Clac. Tac.

- Herm... Hello? Hello? Okay. On va dire que ça marche. Ca marche. Soit. Montage de merde. Bon. Nous sommes le lundi 19 septembre 2012, il est 22h46.



    Retour de Bretagne. Week-end passé à Rennes, rien n'a vraiment changé. Je suppose que malgré le dépaysement radical qu'a été Paris et qui, par conséquent a paru se faire sentir une éternité; dans les basses terres de Province les choses s'écoulent trop paresseusement pour songer à évoluer. Comme la mentalité des gens et des gens tout court, en fait.Papa a refusé de me voir. Légitime, je suppose. Après tout, je suis celle qui a pris ses clics et ses clacs avant de foutre le camps. Ca me fait mal de voir comment cette chiasse a tourné. Tout se barre en couilles. Ma sanité d'esprit aussi avec. La preuve, je suis en train de parler dans le vide, à un morceau de plastique et de technologie. (Haa...) Chier. C'est bizarre... Il n'y a personne et ma voix se répercute contre les murs nus et... Il n'y a pas de danger présent. Ni de peur. Juste moi. Je crois que je me fais peur toute seule. A moins que ça ne soit le soir et la drogue douce des clients du bar qui fait face à l'immeuble. J'ai la flemme d'allumer le réchaud. Je suis fatiguée d'évoquer tout ça. On vivait bien avant, pourtant. Plus ou moins. Ils passaient leur temps à se disputer, c'est vrai. Je croyais que c'était normal. Finalement, c'est parce qu'ils étaient trop gamins, à se chamailler pour des désaccords d'opinions avec lesquels ils ne pensaient blesser pas d'autres qu'eux et leur bulle. Leurs bulles. Quand j'essaie de retrouver ça, je remarque que dans l'absolu, c'était possiblement vrai. Mais que dans la réalité des choses, ils s'en foutaient de moi. Ou ils s'en souciaient trop. Ca pouvait que foirer. Ces cons. Ces cons. Ces cons.Ces cons...[On entend la cendre froissée qui se frotte contre l'émail du cendrier. Un peu trop fort. Un soupir. Ténu. Le vide se prolonge un moment.]On répétait que j'étais intelligente. Tu parles. Au taquet, oui. Mais c'était du conditionnement plus que de la brillance, n'est-ce pas? N'est-ce pas. En plissant les cils, j'ai l'impression de replonger dans notre maison à Newcastle. J'ai encore en tête le jardin, les jeux, les voyages successifs pendant les vacances, comment on a commencé à déménager, et une rue, un quartier, une banlieue, une ville, ailleurs. Les amis qui vous jurent de rester là mais, ils n'ont pas franchement le choix. Ils ont fini par s'évaporer dans la nature. Ca servait à rien. Ca servait à Papa. Ca servait vaguement à Maman par ricochet. Ou elle prétendait que. Le nombre d'hypothèses qui viennent me bouffer à présent, c'est dingue. Je suis devenue de la pâté pour dogos affamés. C'est mon parti pris et pas celui que je voulais pourtant. Je suis paumée, putain. C'est pas comme c'était. Bref. Ils ont continué sur leurs lancées, chacune opposée, à foncer tête baissée dans le mur. Et quand ils en ont eu marre de leurs bêtises, ils ont élu de tout claquer. Les mains, la porte, la situation confortable. D'abord de s'écarter du seul sol où j'avais réussi à m'accrocher. Tous les deux. L'unique point où ils se sont mis d'accord et où ils sont parvenus à m'ignorer totalement. Sept ans, ça n'a pas d'avis, de toute manière. Ca se fait balloter, comme un vulgaire colis. Et que je te balance entre Nantes et Bordeaux. Et puis le reste s'est stoppé. Et moi, je devrais en finir de boire. Cette salope de bouteille vide me nargue. Je me sens tellement, tellement à la dérive, c'est à pleurer. Et nul ne pleurera pour moi. Je parie. Pile ou face. Pièce pour moi.



Dans un bruit mécanique, la roue finit sa rotation. Se bloque.


Assise sur un banc de la cafétéria, Phaenomene toise la purée jaunâtre qui marine dans sa graisse. Repousse l'assiette.

- Jamais cédé à la tentation de goûter la saveur dégueulasse de la sueur de ces cuisiniers qui se décarcassent pour toi?

- Si c'était le cas, y'a belle lurette qu'ils se seraient reconvertis dans les pompes funèbres.

- Tss. Et tu t'étonnes qu'on n'ose pas te causer. T'es une teigne quand tu t'y mets. Tu devrais arrêter de mordre tout ce qui passe.

- C'est pour compenser ces repas indignes de leur nom, mon excuse me paraît bien acceptable.


Anaëlle rit doucement. Sa Phae est un drôle de personnage, qui semble filer entre le grand tout et le grand rien. Elle a appris à faire avec, à l'apprivoiser comme on éduque une bête. La première fois qu'elles s'étaient rencontrées, c'était une semaine après la rentrée en fac, licence d'histoire de l'art affiliée à un cursus en arts plastiques, la somme chez son copain, dévêtue et agenouillée sur la couverture mince d'un matelas ayant survécu à une bataille.

Aujourd'hui, ils s'échangent ce modèle désinvolte, sec et hors-phase, hors-sensibilité, pro-sensibilité. Et les poses se succèdent, sans trouver ni plus de vie ni plus de staticité dans une seconde figure. Juste elle. Ana saisissait encore ses mots, énoncés pour sa réponse à la question qui lui avait été ordonnée.


"- En quoi l'immoralité te fait-elle survivre? Est-ce que la normalité ne te convient pas assez pour que tu te permettes de semer la confusion?

- La moralité n'est qu'un prétexte utilisé pour faire l'autruche. Quant à la normalité, elle n'est qu'un établissement de choix qu'on a définiment voulu faire pour se donner bonne conscience. Au fond, ce n'est qu'une subjectivité hypocrite et une entrave que l'on s'octroie aveuglément, en bon mouton. C'est une prise de tête dont on se passerait bien mais où on décide néanmoins de s'enfoncer sans autre forme de procès. Un tel ridicule est absurde. Je ne fais, à ma manière, aucun choix. C'est le privilège des paresseux. Et dénier ma paresse serait rajouter trop de complications. Merci non merci. Société mon cul, ne me fais pas rire."



Phaenomene se laisse porter, emporter. Elle a compris que pour exister, il ne faut pas chercher à paraître. En cela, c'était gagner en intégrité et en économie de migraines. Elle l'admire pour ça. Muse ou pute, elle peut être les deux à la fois, et son égoïsme délibéré et entier la prévient de réellement impacter le souci de ses pairs. Un rodage lisse et sans failles qui ne réclame pas d'acceptation tout en recevant en contrepartie toutes celles possiblement inattendues, tacites et faciles.

Taclac. Shtak. Clac.

- 22 octobre 2013, temps pluvieux, vent froid. Les arbres sont exposés et le rush du travail presse nos épaules et nos têtes. Disons que c'est pour procrastiner un peu. Un moindre mal et un plaisant sadomasochisme nombriliste.



    J'ai visité la tombe de ma mère en avance, cette année. En avance par rapport à la Toussaint, Obon, ou n'importe quel autre foin. A l'heure pour nous. Elle a crevé il y a quatre ans, aujourd'hui. Sans formes. Alors je n'en mettrai pas non plus. Âme de poète ma gueule, ouais. Il y avait déjà des offrandes, enveloppées dans un cellophane transparent. Le vieux a dû passer avant moi. Il s'arrange pour m'éviter. Et pour faire son faux sentimental, j'imagine. Je ne lui en veux pas. Je fais comme lui. En vrai, venir là m'est égal. Je ne ressens rien de poignant, de déchirant, de... Sauf de la rancune. Je crois. En pointe. Même après trois ans, c'est elle qui est coupable. De pas avoir su assumer, s'assumer, assumer sa responsabilité. Toujours à s'auto-accorder un chapelet d'excuses, comme quoi elle est trop faible, comme quoi c'est les autres qui l'assassinent, comme quoi je suis pas normale. Ou que je collais pas à ses standards. Elle a jamais compris que justement, je faisais exprès. J'voulais pas finir comme elle. Femme au foyer puis banale employée, à blâmer tout le monde de son malheur, à pleurer ses années gâchées. Si elle avait le droit de me foutre en l'air moralement, je pouvais bien le faire concrètement. Tant pis pour sa gueule.Ah. Ca y'est, je reparle si cruellement et insupportablement. Ana me taperait si elle était là. Mais elle est absente. Tant mieux. J'ai déjà vu Pise, de tout manière. Ce voyage universitaire m'aurait barbée à mourir. Je préfère me faire crever de par moi-même. J'ai encore posé des candidatures dans les salons privés, dernièrement. J'y crois moyen mais Edgar a dit qu'il ferait de son mieux pour me faire rentrer dans ce milieu bourré de rires creux, de vêtements d'apparat et de conversations prétendument intellectuelles. Dingue que ces hurluberlus existent encore aujourd'hui. Le siècle des commérages se prolonge, cela dit. Ca me rappelle ces rumeurs qui couraient déjà sur mon compte, à l'époque. Quand Russell est mort par accident dans l'escalier du primaire et qu'on m'a accusée de l'avoir poussé parce que cet émoi me paraissait futile. Ou quand ces garces m'ont traînée dans les chiottes pour me couper les cheveux, au collège. Quand Martin a terminé à l'hôpital à cause de os jeux stupides. La bibliothèque est tombée toute seule, ce jour-là. Je n'y étais pour rien. J'ai jamais demandé à être une intrigante, alors. En ce cas, pourquoi? Pourquoi on me reproche de le faire de bout en bout, maintenant? J'ai jamais rien demandé. Jamais. On m'a appris à le faire. On m'a appris. Arrêtez les reproches. Je veux que ça s'arrête. C'est quoi ce monde de pseudo-altruisme. Du foutage de tronche.



Alexis pose avec un peu trop de force le gobelet de café sur le plan de travail, ignorant les tâches noirâtres. La table basse marque son mécontentement en grognant sonorement, le pied calé d'une feuille pliée en huit glissant de son estrade. Anaëlle baisse la tête et ses cheveux forment un rideau devant elle, tandis qu'elle serre ses mains, ses doigts joints, là, sur le canapé jaune de leur petit salon qui n'obéit plus qu'aux vrombissements réguliers de la circulation. Phaenomene, assise sur l'accoudoir de cuir, détourne le regard, clope au bec. Ca a le don d'excéder Alexis. Elle n'écoute jamais rien, dirait-on. Et parfois, ça dépasse les bornes, parce que parfois, ça les blesse, eux, ceux qui tiennent à elle, de la voir si imprudente. Si inconsciente. Ils ignorent si elle fait exprès ou non.

- Je ne vois vraiment pas en quoi ça te gêne ou te pose le moindre inconvénient. Tu sais que j'ai toujours été un électron libre. Vous le savez tous les deux. Et que les conséquences ne sont que mes affaires. Alors quoi?

Le ton  est si léger, si décalé par rapport à la situation, au discours, au problème. En soi, ça n'a jamais été normal. Phae n'avait jamais été une normalité, ne serait-ce que par son attitude si récurrente, où elle n'était ni droite ni penchée, deux poids deux mesures, sur deux balances différentes. Un équilibre ou noir ou blanc. Ou noir et blanc.

Mais de temps à autres, on s'attache. C'est peut-être dommage et risible. Seulement rares sont ceux qui font mine de lutter et de s'en tenir à cette résistance. D'autant qu'on ne s'entête que pour soi, même au nom des autres.

L'admission est donnée à contrecœur, de fil en aiguille, comme une faute à porter par abus de langage et abus de pensée.

- Tu vas te marier, donc.

Phalanges qui craquent, le bout des doigts épouse les plis du front. Tu finiras vieux avant l'âge, à te rider ainsi. Il enlève ses lunettes, les remet, les enlève. Il voit suffisamment bien sans elles. Il ne sait juste pas s'il tient à soutenir son regard. Elle ne comprend rien. Ou alors elle comprend et feint de ne pas comprendre. C'est pire.

- Sûrement.

- Avec un...


Les mots se muent en tabou. Même s'il fut un jour complice, l'évocation du terme est désagréable. Lui arrache la bouche. Tord les lèvres.

- Avec un de tes "employeurs"...

- Tu peux dire "client", si tu veux, je m'en fous, hein. C'est pas moi que ça dérange, de toute manière.

- Ca me répugne.

- Tu as joué le jeu, à un moment.

- Tu étais. Ma. MUSE. N'invente pas n'importe quoi.

- Je te prêtais mon corps et tu me rémunérais en remerciement. C'est aussi une sorte de prostitution.


Ca lui tape sur le système, des paroles si crues, un choix de langue si violent. Elle a raison, en un sens. Le reste n'était qu'occasion. Les yeux plus que tout, la peau et ses pores s'il en vient le temps ensuite.

Parce que c'était pour le bien de leur passion et de l'art, c'était acceptable. Incongrûment acceptable. D'ironie s'il en fallait... Quelle dépravation humaine la beauté requérait-elle, exactement? Céder par nécessité. Quels serviteurs faisaient-ils.

- Il a dit qu'il en avait besoin pour obtenir la participation aux susceptibles événements pouvant être des tremplins dans ce qui l'intéresse dans sa carrière. Ce n'est qu'un service légitime. Mérité, d'autant plus.

- Me dis pas que tu crois à ce genre de foutaises. Des ramassis de prétextes, il y en a de meilleure qualité.

- Non. Tu as raison. Je n'y accorde pas le moindre crédit.

- Mais alors p...

- Pourquoi il te faut une raison, putain ? Si je te disais "parce que je suis amoureuse", tu me l'accorderais, peut-être ? Parce que "le cœur a ses raisons que la raison ignore"? Sois pas con. J'en ai envie, c'est tout.  J'ai pas besoin d'aimer, moi. J'ai pas besoin qu'on m'aime non plus.


Et.

Ce n'est pas entièrement un mensonge. Peut-être juste quelque chose dit trop vite, échappé des lèvres sans rien pour servir de rempart.
Sans rien pour servir de rempart.

On voudrait

rattraper

ce qu'on a laissé filé

sans conscience

sans patience

un peu.

Elle lève les yeux vers les fenêtres, vers le cinquième. Elle tourne le dos aux portes de l'ascenseur, de la grille noire, lustrée.

Qu'est-ce qu'elle attend? Attendait?

Qu'est-ce qu'ils attendent? Attendaient?

Demain, elle n'ose pas penser, n'ose pas réfléchir. On ne sait jamais, jamais rien, ni de quoi demain sera fait, ni de ce qui sera défait. Elle non plus. Elle voudrait

recommencer.

Repartir à zéro, ou après la dernière sauvegarde. Video games.

A travers ses palmes, elle essuie sa figure. Sa peau. La peau. De chagrin.

Oh, pauvre bête.

Ca sera vite réglé, tout ça. En bonne et due forme, quand tout va ensemble. Elle n'aura pas à recoller ses propres pièces, à réassembler son propre puzzle. Au fond, tout est déjà calculé, évalué, millimétré: la plénitude se compte en trois cadences, permanentes, sans altérité - l'abstinence, l'abandon, le rejet. Rien de tel pour mieux s'adapter.
Ne pas s'adapter.






Derrière l'écran


Salut toi qui lis cette fiche. Mon pseudo RPG c'est White et j'ai 18 années de vie derrière moi, tout ça ouais. Comment je suis arrivée là ? Par poney. Je joue un OC luv bby. Je serais présent(e) sur le forum idk jours sur sept. Pour ce qui est de la longueur de mes rps c'est plutôt « long » sinon je voudrais encore dire que maamah les bananes cuisent. Et J'ai emprunté la belle gueule de Rainie Yang pour jouer ce personnage.


MADE BY LIGHTLESS.TCHI


R  O  T  T  E  N

What did fairy tales tell you about villains and life ?
Just in case, you know, it'd be where reality lies.

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posté Mer 29 Oct - 12:08

R A I N Y D A Y S

VERSION LONGUE × "LES PRODUITS LAITIERS SONT NOS AMIS POUR LA VI-" " TA GUEULE JEAN-CLAUDE !"






R  O  T  T  E  N

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posté Mer 29 Oct - 12:31

Hop! Pour dire que la version courte est postée! Du coup, à moins que vous ne teniez à attendre que je finisse ma version longue (qui pour la peine sera la full intégrale, donc il faudra prendre son mal en patience...), ai-je de quoi aller jouer ?


R  O  T  T  E  N

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posté Mer 29 Oct - 13:09

Bienvenue, ou plutôt ... re du coup. x) Je vais m'occuper de ta fiche.

wouhou tu es validé(e) !


Du coup, je pense que la version "courte" suffit très largement.


Félicitation, tu fais maintenant parti des Sleeping Beauty ! Cours saute vole et amuses toi ! Mais n'oublies pas de passer par certain points ! D'abord, il faut recenser ton avatar dans le bottin. Oui ça c'est important, voire même urgent tu vois. Histoire que personne ne te vole ta tête. Ensuite il faut que tu ailles surveiller le sujet du fil d'actualité, là aussi c'est obligatoire ! Ensuite tu peux filer faire toutes les demandes nécessaires. Ah et aussi, cours faire ta fiche de liens, histoire de te faire un peu des potes quoi ! C'est toujours mieux. Ensuite, penses surtout à t'amuser, c'est le plus important ! ♥

Make Me Crazy est ravi de t'accueillir et.. Madness t'attendait avec impatience.

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posté Mer 29 Oct - 18:25

Bienvenue ! J'adore l'histoire de ton personnage ! J'ai hâte de voir comment tu vas le faire évoluer. (Et ton style d'ecriture, mon dieu, je suis jalouse)



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